Evidemment, il y a bien ses deux frères et son beau-père qui étaient dans le monde du rugby. Mais avant de rentrer en seconde au lycée de Saint-Vincent-de-Tyrosse, Perrine Beaucourt n'avait guère tâté de l'ovale. « Je faisais de l'athlétisme, un peu de tout, mais j'avais envie de faire encore plus de sport. »
Direction la section sportive de l'établissement, sous la houlette de Julien Paredon, et une saison d'apprentissage au sein de l'équipe UNSS. Avant de venir gonfler les rangs des Pachys. « On m'a proposé de venir faire un entraînement. Je ne suis jamais repartie », rigole-t-elle. De la solitude des pistes en tartan à la convivialité du rugby, Perrine a fait son choix et ses partenaires sont aujourd'hui devenues ses amies.
Cap au centre
De l'aile, où elle a débuté, en passant par l'arrière, la voilà maintenant positionnée au centre. Un poste qu'elle affectionne. « Ça me convient de courir pour prendre des intervalles, de percuter et de plaquer. »
Les esprits rétrogrades qui pensent que le rugby est un sport réservé aux hommes, Perrine n'en a que faire. Et si la demoiselle cite plus facilement Yannick Jauzion que Christelle Le Duff comme modèle, elle reste une farouche partisane de l'évolution du rugby féminin : « Ce sont les mêmes règles. Ils n'ont qu'à venir voir et découvrir. Après, c'est vrai que le rugby féminin manque encore de reconnaissance. À quand des matches télévisés ? »
Étudiante en 3e année d'école d'infirmière à Dax, la blondinette jongle entre blouse blanche et protège-dents. Pas forcément évident de concilier une vie professionnelle avec les deux entraînements hebdomadaires et le match du week-end. Encore plus difficile quand on est en couple, comme Perrine l'est avec l'écarteur Frédéric Luis Perez. « L'avantage, c'est que nous avons chacun notre passion et que nos saisons ne coïncident pas. Je vais le voir dans les arènes et il vient me supporter au stade. »
Tournoi à La Réunion
Cet été pourtant, Perrine a délaissé les arènes pour le sable des Antilles. Après avoir participé à des stages avec l'équipe de France -20, elle a reçu un appel téléphonique de Frédéric Pomarel, l'entraîneur de la sélection à 7 : « J'ai reçu un coup de fil où il m'a demandé si ça me disait de venir avec l'équipe de France à La Réunion. »
Sans jamais avoir pratiqué le rugby à VII, la Pachy a donc revêtu le maillot bleu pour un tournoi qui l'a opposée à Pretoria, Madagascar, La Réunion et Mayotte. Une victoire à la clé, et une tonne de souvenirs : « C'est magique de chanter ''la Marseillaise''... Enfin, ce que l'on peut en chanter. Moi, je me suis arrêtée à "Allons enfants de la Patrie" avant de me mettre à pleurer. »
Si elle a apprécié l'expérience, Perrine préfère le XV. « Ce n'est pas du tout le même jeu mais le VII forme énormément. » Dès dimanche, elle sera à la pointe de l'attaque hermoise pour l'ouverture de la saison. Perrine aurait pu partir, elle est restée. « On va être optimiste pour bien débuter contre Romagnat. On a un bon petit groupe, avec beaucoup de nouvelles mais l'on s'aide les unes les autres. »
De retour dans les Landes, où elle se partage entre Seignosse, Hagetmau, Dax et Herm, la trois-quarts centre des Pachys rêve de « porter à nouveau le coq » mais est bien consciente que son futur métier d'infirmière pourra lui poser problème. « Mon avenir ? C'est l'an prochain qu'il se jouera. »
Auteur : Benjamin Ferret
